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10 septembre 2026 · Vincent Benoist

Retraite bien-être : êtes-vous concerné par le forfait touristique ?

Hébergement plus transport, ou hébergement plus activités : à partir de deux prestations vendues ensemble, votre séjour peut relever du Code du tourisme. Ce que ça change concrètement.

La question revient dans toutes les conversations avec des organisateurs de retraites, et elle est presque toujours posée à voix basse : « est-ce que j'ai le droit de faire ça ? ». Voici de quoi y voir clair. Ce texte est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel du droit.

Ce qui déclenche le régime

Le Code du tourisme s'intéresse à ce qu'il appelle un forfait touristique : la combinaison d'au moins deux prestations de voyage différentes pour un même séjour, dès lors qu'il dépasse vingt-quatre heures ou comprend une nuitée. Contrairement à une idée répandue, vendre à un prix global n'est pas une condition nécessaire. Le texte prévoit plusieurs façons alternatives d'entrer dans le régime, et il suffit d'une seule : il suffit par exemple que les deux prestations soient choisies et achetées en une seule fois auprès de vous, même facturées sur deux lignes séparées (article L. 211-2 du Code du tourisme). C'est le cas le plus fréquent sur le terrain, et le plus facile à manquer.

Les prestations en question sont, pour l'essentiel :

  • le transport de personnes,
  • l'hébergement,
  • la location de véhicule,
  • tout autre service touristique, dès lors qu'il pèse au moins un quart du prix de la combinaison ou qu'il en constitue la caractéristique essentielle, celle que vous mettez en avant pour vendre le séjour (article R. 211-1-1).

Une retraite de yoga de quatre jours dans un mas provençal, avec les nuits, les repas et les cours vendus ensemble, coche largement la case, que le prix soit présenté en une ligne ou en plusieurs. Un atelier de trois heures en ville, sans nuitée, non.

Un second cas, plus discret, met aussi dans le champ, même sans combiner deux prestations : si vous revendez à vos participants un hébergement, un transport ou tout autre service de voyage que vous ne produisez pas vous-même, cette seule revente vous fait entrer dans le régime (article L. 211-1, 2°).

Ce que ça implique, en pratique

Si votre activité relève de ce régime, trois obligations principales apparaissent.

L'immatriculation. Vous devez être inscrit au registre des opérateurs de voyages et de séjours tenu par Atout France. L'inscription se demande en ligne, elle est payante et se renouvelle.

La garantie financière. Vous devez justifier d'une garantie qui permet de rembourser vos clients si vous ne pouvez pas exécuter le séjour. Elle s'obtient auprès d'une banque, d'un assureur ou d'un organisme spécialisé.

L'assurance de responsabilité civile professionnelle. Distincte de la garantie financière, elle couvre les dommages causés dans le cadre de votre activité.

S'y ajoute une obligation qu'on oublie souvent, et qui est celle qui vous protège le plus au quotidien : l'information précontractuelle. Avant que le participant s'engage, vous devez lui remettre un ensemble d'informations précises sur le séjour, son prix, ses conditions d'annulation et vos coordonnées. Cette remise doit pouvoir être prouvée.

Le point aveugle : la responsabilité de plein droit

C'est la conséquence la moins connue et la plus lourde. L'organisateur d'un forfait touristique est responsable de plein droit de la bonne exécution du séjour, y compris pour les prestations assurées par d'autres : le lieu qui vous loue ses chambres, le traiteur, le chauffeur.

Autrement dit, si le mas annule trois jours avant, c'est vous que le participant appelle, et c'est vous qui devez une solution ou un remboursement. Ce seul point justifie de soigner deux choses : le contrat qui vous lie au lieu, et vos propres conditions d'annulation.

Trois réflexes qui coûtent peu

Écrire vos conditions avant de vendre, pas après le premier incident. Un délai d'annulation, le sort de l'acompte, ce qui se passe en cas de force majeure. Trois paragraphes valent mieux qu'un silence.

Faire accepter ces conditions explicitement, et en garder la trace. Une case cochée, une date, un nom. Le jour où un participant conteste un prélèvement auprès de sa banque, cette trace est votre seule défense utile.

Séparer clairement l'acompte du solde. Un acompte encaissé tôt et un solde à échéance connue, écrits noir sur blanc, évitent la moitié des conversations pénibles.

Peut-on être sûr d'être hors du régime ?

Non, et c'est le point le plus important de cet article. Le Code du tourisme ferme explicitement cette porte : une déclaration selon laquelle votre séjour ne constitue pas un forfait touristique ne vous libère d'aucune des obligations qui s'y attachent (article L. 211-5-1). Ni vous, ni Otiumly, ne pouvez donc conclure seuls que vous êtes hors du champ, même de bonne foi.

Ce qui rend le régime clairement moins probable, ce sont des situations précises : un atelier de moins de vingt-quatre heures sans nuitée, un cours que vous vendez seul en laissant chaque participant réserver son logement par ses propres moyens, ou une organisation strictement occasionnelle, sans but lucratif et pour un groupe restreint, les trois conditions réunies (article L. 211-1, IV). En dehors de ces cas précis, la prudence consiste à se comporter comme si le régime s'appliquait, jusqu'à ce qu'un professionnel du droit ait qualifié votre offre sur pièces : votre programme, votre grille de prix et votre page d'inscription.

Dans le doute, la question à poser à un juriste tient en une phrase : « je vends ceci, avec ces prestations, dans ces conditions, suis-je organisateur de forfaits touristiques ? ». Une heure de consultation coûte moins cher qu'un litige, ou qu'une amende au titre de l'article L. 211-23.


Otiumly prépare pour vous l'information précontractuelle, le contrat de séjour et la politique d'annulation à partir des paramètres réels de votre retraite, et conserve la trace horodatée de chaque acceptation. Ce sont des brouillons de travail à relire : l'outil ne se substitue ni à votre immatriculation, ni à un conseil juridique.